Bon, si vous avez quelques minutes a perdre, voici mon histoire.
Je dis « mon histoire » car c est ma vie qui est la dedans … J ai redige ca dans le cadre de mon bilan de competences avec le cabinet de reclassement … je l ai ampute de quelques « details » .. mais en gros c est ce que j ai fait et qui je suis.
L’anglais a toujours été une matière que j’appréciais tout particulièrement. Et ça tombait plutôt bien puisqu il semblait beaucoup m’apprécier également. Mon prof de 6eme, Monsieur Huguet, était tout sauf pédagogue… Enfin, il enseignait très bien, à la dure, mais ne supportait pas l’échec (sans doute usé après toutes ces longues années d’enseignement) et laissait donc de côté au fond de la classe ceux qui ne parvenaient pas à appréhender la langue Shakespearienne. Ces derniers s’estimaient heureux quand Monsieur Huguet ne les brimait pas en prime… Oui, c’était un excellent professeur pour les « bons » et il nous a donné des bases excellentes… Par contre, pour les « mauvais », ça les a enfoncés. Je ne pense pas que ce système d’éducation élitiste soit des plus efficaces. Je le condamnais déjà du haut de mes 12 ans.
Tout comme je condamnais la méthode « pédagogique » de ces « professeurs » (comprendre « membre de l’éducation nationale ») pour qui enseigner consiste à déblatérer son cours, sur un ton plus que monocorde, avec un enthousiasme à pousser un poisson rouge au suicide, et qui ont pour seul but dans la vie : gagner suffisamment d’argent pour finir leur clôture en PVC, acheter le caniche hargneux dont rêve pupuce , lécher la photo du dernier Renault Espace qu il ne pourra jamais se payer avec son salaire de fonctionnaire et mettre quelques économies de côté sur son livret A pour partir en caravane au camping deux étoiles de Saint Palais sur mer aux prochaines grandes vacances (comme d’habitude).
Bref, je les plains plus que je ne les condamne à vrai dire. Aujourd’hui en tout cas. Car à l’époque, j’étais une révoltée, une idéaliste (certaines mauvaises langues vous diront que je n’ai pas changé !!!). J’étais jeune, j’avais plein de rêves, d’idées préconçues sur la vie et ce qu’elle devait (devrait ? ) être. Et je ne comprenais pas que l’on puisse faire un métier aussi passionnant, qui apporte autant et en être réduit à réciter une leçon, ne pas aider les futurs adultes que l’on a sous sa responsabilité. Car enseigner ses connaissances à de petits êtres vierges intellectuellement et découvrant la vie, quelle responsabilité ! De ces enseignants, de la façon dont ils vont nous éduquer, nous délivrer leur savoir, va dépendre une grande partie de notre avenir. Comment prendre ça à la légère ? Comment ne pas être conscient que ce sont des personnes qui ne font que passer dans nos vies mais qui vont nous marquer à jamais ?
La preuve, je ne me souviens pas forcément du nom ou du visage des camarades que j’ai eus à l’école, mais je me souviens très bien du visage, des vêtements, des lunettes, de la salle de classe et du nom de mon professeur d’anglais…
Tout comme je me souviens comme si c’était hier de la bobine, des cheveux roux , longs et hirsutes, de la mâchoire prééminente sur laquelle culminaient les énormes dents du bonheur de mon professeur de philosophie au lycée. Curieusement, j’ai mangé son nom… Paradoxal non ? Surtout quand on sait que cet homme a changé ma vie. Ou plutôt, il m’a aidée à la comprendre. Je peux dire que j’ai eu énormément de chance d’apprendre les rudiments de la philosophie (et par extension de la psychanalyse) avec ce Grand Monsieur. Il était jeune, jovial, l’esprit ouvert, semblait être un rescapé de Woodstock conservé dans du formol et surtout il aimait son métier et les gens. Il aimait tellement sa discipline que c’en était communicatif.
Alors oui, j’avais déjà envie d’être professeur d’anglais au collège. Mais face à ce bonhomme qui avait son système d’enseignement bien à lui dans un univers ou l’on n’ose changer une virgule aux méthodes d’un autre siècle, qui n’obéissait à aucune règle sinon celle du programme de terminale, qui semblait libre et bousculant toutes les règles établies, je me suis dit : c’est possible ! Oui, on peut allier éducation, liberté et humanité. Oui, on peut prendre du plaisir à enseigner et en donner à ses élèves. Là, j’ai rêvé d’être un jour à sa place et avoir quelqu’un en face qui me regarde avec le même regard que j’avais lors de ses cours : un mélange d’admiration, de curiosité et de gratitude. J’ai compris aussi que l’on pouvait changer les choses. A petite échelle soit … mais si je pouvais changer les choses ne serait-ce que dans ma classe, c’aurait déjà été merveilleux. Car du haut de mon idéalisme, je savais aussi qu’un système aussi ancré que l’éducation nationale était impossible à ébranler.
Ce professeur m’a donc confortée dans la voie que je désirais prendre. Mais il m’a surtout apporté quelque chose d’inestimable : les clés pour me permettre d’ouvrir ces portes qui m’étaient jusqu’alors fermées à double tour. Métaphore pas très parlante mais pourtant tellement pour moi pour désigner les questions existentielles qui agrémentaient ma vie. Ces questions que l’on se pose parfois (trop souvent et depuis tellement longtemps me concernant) et qui ne trouvent jamais de réponse si l’on est pas sur le bon chemin.
Grâce à ses cours, ce qu’il nous a enseigné, il m’a permis de continuer à me poser des questions, mais les bonnes. Et de trouver les bonnes clés correspondant aux bonnes serrures permettant d’ouvrir les portes de ma connaissance de Moi. Il m’a permis de déclencher les bons processus de réflexion qui mènent à la compréhension. Tout ceci à coups de Freud, de Descartes, de Socrate et de Lui.
J’ai tellement été passionnée par ses cours, ses débats, les modes de réflexion qu’implique la philosophie, qu’en fin de terminale, j’ai songé à faire une fac de philo. Mais en parcourant le programme, j’ai vite compris qu’il fallait en passer par des heures, des jours et des mois de lecture et que le coté convivial et intéressant des débats et discussions n’étaient qu une infime partie de cette discipline et que le chemin était interminable, frustrant pour en retirer des choses dont j’étais déjà capable sans avoir ingurgité des pages et des pages de philosophes. Car une fois le processus de réflexion acquis, c est gagné. Oui, il manque forcément les connaissances mais philosopher et réfléchir dans mon coin me suffisait. Je décidais donc de rester fidèle à mes premières amours : les langues étrangères.
Je voulais donc devenir professeur d’anglais. Mais là, dilemme : je ne voulais pas abandonner l’espagnol que j’aimais aussi beaucoup et je ne me voyais pas me consacrer à une seule matière (là, la maxime « choisir c’est renoncer » prenait déjà tout son sens). Je décidai donc d’entreprendre une fac LEA.
Je compris, mais un peu tard, que ce n’était pas la meilleure voie pour atteindre mon but. Car traduire et étudier des textes économiques (étant issue d’une filière littéraire, vous imaginez d’ores et déjà mon attrait pour l’économie) n’était pas des plus transcendants. Réaliste, au bout de 2 semaines, je me suis ruée au service administratif de la fac pour leur demander de changer de filière. Je voulais aller en psycho (une amie y étant, m en parlait avec un tel entrain que je ne pouvais y résister ! ). La réponse qui me fut donnée vous surprendra, j en suis sure : NON. L’explication m’a convaincue : « vous pouviez changer de filière jusqu au 14 octobre et nous sommes le 16, vous vous y prenez 2 jours trop tard ! ». No comment.
J ai donc continué tant bien que mal à me forcer à assister à ces cours inintéressants au possible me disant qu’au 2ème semestre, il y avait encore une possibilité de changer de filière. Mais pour aller ou ??? Car si je ne voulais pas aller en anglais (ce qui répond à la question : pourquoi psycho ?) c’est parce que j’avais déjà compris que je ne serai pas professeur … ayant vu le programme de la section anglais, mon poil dans la main a décidé d un commun accord avec lui-même que je n’irais pas.
Donc, autant finir l’année payée par papa – maman, appartement en sus, dignement. Je me suis donc re-présentée au secrétariat à l’aube du second semestre afin de faire une demande pour passer en section d’Espagnol. Nouvelle réponse de la fac : NON. Explication : « ça va être un échec, vous n’avez pas suivi le 1er semestre » (je cherche encore l’intérêt de donner la possibilité de changer de section avec des arguments pareils). J’ai répondu que « échec pour échec, autant faire quelque chose que j’aime jusqu à la fin de l’année ». Refus catégorique. J’ai donc décidé d’arrêter tout simplement (bien aidée par l’écoute et la bienveillance du système éducatif) et de ne pas participer aux partiels.
Et là … il fallait trouver une voie … Puisqu’au bout cette route toute tracée par l’Education nationale, ses représentants, ses conseillers qui croyaient tellement en moi et mes capacités, se dressait un gros panneau « Sans Issue ».
Je suis donc retournée voir l’un de ces merveilleux conseillers (qui n ont pas conscience non plus que si un jeune adulte vient les voir, c est parce qu il a besoin d’aide et qu il faut l aider à orienter son AVENIR). On m a gentiment bafouillé des choses telles que diplôme … littéraire … bof … BTS … alternance … société … chercher … et surtout débrouiller. J ai donc cherché une école, que j’ai trouvée, et une entreprise pour un BTS en alternance, que je n ai pas trouvée !
Retour à la case départ.
J ai travaillé en intérim pendant 1 an dans une usine de madeleines en tant que conditionneuse pour ne pas rester inactive (pour sûr, tirer des palettes de 300 kg, c est loin d être de l inactivité !). Par ailleurs, j’avais décidé d’arrêter définitivement mes études. J’étais écoeurée (là, l’Education nationale avait bien joué son rôle …).
La lobotomie a commencé. Après une première journée rivée huit heures durant au même poste (merci aux anciennes qui ne m ont pas relayée car le poste que j occupais était pénible et que j ignorais qu on était sensées tourner toutes les heures) , face à une pendule, à réfléchir, penser, cogiter, me torturer l’esprit dans tous les sens, j ai vite compris qu il n y avait qu une chose à faire : laisser son cerveau au placard si on ne veut pas devenir dingue.
Et curieusement, c est beaucoup plus facile qu on ne l imagine. Au bout de quelques jours, on ne pense plus. Tel Charlot qui l illustre parfaitement dans « les Temps Modernes », les gestes deviennent automatiques et l encéphalogramme plat.
Fort heureusement, des pics d activité cérébrale se sont fait sentir par moments et une question s est alors présentée à moi : Comment je voyais mon avenir ? Avec mes capacités (on me l avait assez répété), est ce que je me voyais à 40 ans à l usine ? Ne serait ce pas gâcher ma vie ?
Me voilà donc repartie à rechercher une école et une entreprise pour passer ce foutu BTS Assistant de Direction (avais-je beaucoup d autres choix avec un bac L ?).
Plusieurs craintes sont alors apparues : j allais tomber sur des gamins tout droit sortis du lycée, ne sachant pas ce qu est la vie et le monde des adultes (ben oui, moi du haut de mes 20 ans, après avoir travaillé avec des « grands », j avais une énooooooooorme expérience de la vie ! pff ! ) . Et surtout, mon cerveau allait il savoir se remettre en marche après un an d inactivité ? Serait il capable d emmagasiner comme dans ma jeunesse (rappelons que j étais une adulte, émergeant d un monde adulte) toutes les informations que les formateurs allaient distiller ??? Il le faudrait bien…
J ai donc passé ces 2 années de BTS sans grande difficulté, étant rassurée dès le début sur mes congénères (et mon cervau qui s est remis en route tel un bon vieux moteur diesel !) puisque tous avaient également un parcours atypique. J ai eu la chance (encore ! oui, j ai eu beaucoup de chance dans ma vie…) de travailler dans une entreprise formidable qui m a prise au sérieux, avec des gens qui ont cru en moi et d être formée par des formateurs excellents, issus du milieu professionnel.
Parmi eux, une femme m’a également beaucoup marquée. : Mireille Vandebeulque.
Car je crois qu il est nécessaire de préciser à ce stade que le grand échec de ma vie jusqu à ce jour (je parle au présent) est de ne pas avoir réalisé mon rêve : enseigner.
Mireille m a redonné espoir. Cette femme était tellement admirable, professionnelle, pédagogue, érudite, douée, bref... tout ! que je me suis dit : quand je serai grande je veux être Mireille !
En d autre termes : devenir formatrice dans un centre privé comme elle. Enseigner des années et des années d’expérience professionnelle à de jeunes adultes en soif d apprendre, et qui sont là par choix.
Je me suis alors fixée un but qui ne m a pas quittée jusque là : je deviendrai formatrice.
J ai toujours voulu, bien sûr, exercer ce métier au plus tôt, mais on ne pénètre pas les sphères de la formation par un tour de passe-passe.
Transmettre, échanger, partager, communiquer restent des valeurs qui me sont vitales et dont je ferai un jour ma profession.
Après diverses expériences professionnelles qui m ont apporté beaucoup mais que je ne détaillerai pas (non je ne suis pas dans une phase de rejet !!! re-pff !), j en viens à un désir, un besoin et une opportunité de reconversion : La Sophrologie.
En premier lieu, la sophrologie est un mode de vie, de pensée qui me correspond.
Ensuite, c’est une discipline qui peut m’aider à continuer le travail quasi-quotidien commencé il y a 10 ans avec mon professeur de philosophie : la quête de soi. Car, à ce jour, j ai atteint mes limites en terme de connaissance de moi. J ai quadrillé tout ce qui est conscient et tout ce qui est inconscient à ma portée. Aujourd’hui, j ai besoin d’aller plus loin, pour me connaître, pour déceler qui je suis réellement et trouver cette paix intérieure que j effleure parfois… Dix ans durant je me suis dit que je ferai une psychanalyse un jour, pour aller creuser dans les Abymes et les entrailles de mon esprit et y trouver mes réponses. Je n ai jamais passé le cap. Manque de temps, d argent, de courage… Car une psychanalyse peut être très longue et très difficile… On peut faire ressurgir des choses passées que notre esprit a préféré enfouir par instinct d autoprotection. L inconscient le gère à sa manière … Le conscient en est il capable ? En suis-je capable ? La psychanalyse m apparaît comme étant assez brutale quand on y fait appel pour des raisons comme les miennes.
La sophrologie est une alternative douce, progressive, personnelle.
Une fois ce travail fait sur moi, j ai envie de pouvoir le transmettre, aider les gens dans leur quête de bien être. Et puis, cette envie de former, d enseigner, de participer à l élaboration de quelques moments de vie est toujours présente.
Donc voila qui je suis et en gros, mon parcours … si vous etes arrives au bout … toutes mes felicitations car j admets qu il faut l ingurgiter … mais la flemme de « couper » et retravailler les phrases plus que je ne l ai fait m a poussee a vous le poster tel quel …
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I got the Powaaaaa !
